Accueil DPE Amiante Plomb Termites Gaz Électricité Loi Carrez ERP/risques Prix Guides Rénovation énergétique Blog Devis gratuit en 2 min →

Loi Carrez ou loi Boutin 2026 : quelle surface mesurer

Loi Carrez ou loi Boutin 2026 : quelle surface mesurer

Carrez et Boutin : deux mesurages que l’on confond trop souvent

Sur une annonce immobilière, une même phrase revient : la surface du bien. Pourtant, derrière ce chiffre apparemment simple se cachent deux mesurages réglementaires différents, qui ne s’appliquent pas aux mêmes opérations et n’obéissent pas aux mêmes règles de calcul. La loi Carrez encadre la surface privative des lots de copropriété vendus. La loi Boutin fixe la surface habitable d’un logement loué nu à usage de résidence principale. Les deux mesures sont proches, parfois identiques au mètre carré près, mais elles répondent à des logiques juridiques distinctes et engagent des responsabilités différentes.

Pour un propriétaire vendeur, un bailleur ou un professionnel de la transaction, distinguer ces deux notions évite des erreurs coûteuses : un mesurage erroné peut ouvrir droit à une réduction de prix ou de loyer, voire fragiliser un acte. Ce repère pratique clarifie ce qui sépare réellement Carrez et Boutin, et ce que chacun implique en 2026.

La loi Carrez : la surface privative à la vente

La loi Carrez, issue de la loi du 18 décembre 1996 et codifiée à l’article 46 de la loi du 10 juillet 1965, s’applique à la vente d’un lot ou d’une fraction de lot en copropriété. Concrètement, elle concerne les appartements, mais aussi les maisons en copropriété horizontale, les locaux commerciaux ou professionnels relevant d’un règlement de copropriété. Le mesurage Carrez doit figurer dans la promesse de vente puis dans l’acte authentique.

Ce que le mesurage Carrez intègre et exclut

La surface Carrez correspond à la superficie des planchers des locaux clos et couverts, après déduction des murs, cloisons, marches et cages d’escalier, gaines, embrasures de portes et de fenêtres. Deux exclusions structurent le calcul :

  • les surfaces dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre ne sont pas comptabilisées ;
  • les lots ou fractions de lots d’une superficie inférieure à 8 mètres carrés ne sont pas pris en compte au titre de la loi Carrez.

Sont par nature écartés les caves, garages, emplacements de stationnement, terrasses, balcons et combles non aménagés, qui ne constituent pas une surface privative au sens du texte. Une mezzanine, en revanche, est intégrée dès lors que sa hauteur atteint le seuil requis.

Pourquoi Carrez ne concerne pas les maisons individuelles

Une maison vendue seule, qui ne relève d’aucun règlement de copropriété, n’est pas soumise à l’obligation de mesurage Carrez. Le vendeur peut indiquer une surface à titre d’information, mais celle-ci n’emporte pas les mêmes effets juridiques. Cette distinction explique pourquoi certaines annonces de maisons mentionnent une surface sans référence à Carrez : l’obligation légale n’existe tout simplement pas dans ce cas.

La loi Boutin : la surface habitable à la location

La loi Boutin, instaurée par la loi du 25 mars 2009 dite de mobilisation pour le logement, impose de mentionner la surface habitable dans le contrat de location d’un logement nu à usage de résidence principale. La notion de surface habitable n’est pas propre à cette loi : elle est définie par le code de la construction et de l’habitation, qui sert de référence à de nombreux dispositifs du logement.

La définition de la surface habitable

La surface habitable correspond à la surface de plancher construite, après déduction des murs, cloisons, marches et cages d’escalier, gaines, embrasures de portes et de fenêtres. Comme pour Carrez, les surfaces dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre sont exclues. La différence tient surtout à la nature des locaux pris en compte : la surface habitable écarte expressément les combles non aménagés, caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, vérandas, ainsi que les dépendances.

Quand la mention Boutin est-elle obligatoire

L’obligation vise les baux d’habitation portant sur un logement loué vide à titre de résidence principale. La location meublée, encadrée par un régime distinct, n’est pas soumise au mesurage Boutin de la même manière, même si l’indication de la surface habitable y reste une bonne pratique pour la transparence et la cohérence du dossier locatif.

Carrez et Boutin : un tableau de différences essentielles

Pour fixer les idées, les principaux écarts se résument ainsi :

  • Opération concernée : Carrez vise la vente d’un lot de copropriété ; Boutin vise la location nue à usage de résidence principale.
  • Type de bien : Carrez s’applique aux lots en copropriété ; Boutin à tout logement loué nu, en copropriété ou non.
  • Seuil de superficie : Carrez exclut les lots de moins de 8 mètres carrés ; aucun seuil de ce type n’existe pour Boutin.
  • Périmètre : la surface habitable Boutin écarte certains volumes (vérandas, loggias, balcons) qui peuvent, selon les cas, être traités différemment dans une logique de surface privative.
  • Document support : Carrez figure dans l’avant-contrat et l’acte de vente ; Boutin figure dans le contrat de bail.

Conséquence pratique : pour un même appartement, la surface Carrez et la surface Boutin peuvent diverger. Un balcon ou une véranda explique fréquemment l’écart. Il ne s’agit donc pas d’une contradiction, mais de deux mesurages qui ne mesurent pas exactement la même chose.

Responsabilités et conséquences d’un mesurage erroné

En cas d’erreur sur la surface Carrez

Lorsque la surface réelle d’un lot vendu est inférieure de plus d’un vingtième, soit plus de 5 pour cent, à la surface mentionnée dans l’acte, l’acquéreur peut demander une diminution du prix proportionnelle à la moindre mesure. Cette action doit être engagée dans un délai d’un an à compter de l’acte authentique de vente. À l’inverse, un excédent de surface ne donne pas droit à un supplément de prix au bénéfice du vendeur. Cette asymétrie incite à un mesurage rigoureux, généralement confié à un diagnostiqueur ou à un géomètre.

En cas d’erreur sur la surface Boutin

Si la surface habitable mentionnée dans le bail est supérieure à la réalité de plus d’un vingtième, le locataire peut demander une réduction du loyer proportionnelle à l’écart constaté. Ici aussi, le seuil de tolérance se situe à 5 pour cent. La logique est protectrice du locataire, comme celle de Carrez l’est de l’acquéreur. Un mesurage soigné dès la mise en location limite ce risque et sécurise la relation contractuelle.

Bonnes pratiques pour sécuriser le mesurage en 2026

Quelques réflexes réduisent sensiblement le risque de contentieux :

  • identifier en amont la nature de l’opération, vente ou location, pour déterminer le mesurage applicable ;
  • conserver la trace du document de mesurage et de son auteur, afin de pouvoir en justifier en cas de litige ;
  • ne pas reprendre mécaniquement une surface ancienne après des travaux, une réunion de lots ou un changement d’agencement, qui peuvent modifier la mesure ;
  • vérifier la cohérence entre la surface annoncée dans l’annonce, celle de l’avant-contrat et celle de l’acte ou du bail.

Faire réaliser le mesurage par un professionnel n’est pas une obligation légale absolue, mais cela apporte une sécurité juridique appréciable. En cas de litige, un mesurage documenté constitue un élément de preuve solide, là où une estimation approximative expose le vendeur ou le bailleur à une demande de réduction.

FAQ

Une maison individuelle doit-elle faire l’objet d’un mesurage Carrez ?

Non, pas si elle ne relève pas d’un règlement de copropriété. La loi Carrez vise les lots de copropriété. Une maison vendue seule peut comporter une indication de surface, mais celle-ci n’a pas la même portée juridique que le mesurage Carrez. En location nue à usage de résidence principale, c’est en revanche la surface habitable au sens de la loi Boutin qui doit figurer au bail.

Pourquoi la surface Carrez et la surface Boutin diffèrent-elles parfois ?

Parce qu’elles ne reposent pas sur le même périmètre. Les deux mesurages partagent des règles communes, comme l’exclusion des hauteurs inférieures à 1,80 mètre, mais la surface habitable écarte expressément certains volumes tels que les vérandas, loggias et balcons. Un même bien peut donc afficher deux chiffres légèrement différents sans qu’il y ait d’erreur.

Que peut faire un acquéreur si la surface Carrez est surévaluée ?

Si la surface réelle est inférieure de plus de 5 pour cent à celle de l’acte, l’acquéreur peut demander une réduction du prix proportionnelle à la moindre mesure, dans un délai d’un an à compter de l’acte authentique. Un écart inférieur à ce seuil n’ouvre pas droit à révision. À l’inverse, une surface supérieure à l’annonce ne permet pas au vendeur de réclamer un complément.

Le mesurage doit-il obligatoirement être réalisé par un professionnel ?

La loi n’impose pas systématiquement le recours à un professionnel, mais elle fait peser la responsabilité du mesurage sur le vendeur ou le bailleur. Confier la mesure à un diagnostiqueur ou à un géomètre apporte une sécurité juridique réelle et fournit un document opposable en cas de contestation, ce qui justifie largement cette démarche.

Retour en haut

Pour les professionnels du SEO

Vous voulez acheter un lien éditorial sur ce site ?

Article intégré 1500 mots · Liens dofollow · Rédaction humaine · Pas de duplicate
Délai de publication : 7 jours après accord.

Tarif 80€ - 180€ HT selon thématique

💬 WhatsApp 06 77 08 12 23 ✉️ gougeonsylvain01@gmail.com