Parmi les pièces du le dossier de diagnostic technique technique, l’état relatif à la présence de termites occupe une place singulière : il n’est exigible ni partout, ni pour toutes les opérations. Son déclenchement repose sur un critère géographique fixé par le préfet, ce qui conduit régulièrement à des oublis lors de la préparation d’une vente, ou au contraire à des commandes inutiles. Un rappel des règles applicables permet de sécuriser la transaction et d’anticiper les conséquences d’une infestation avérée.
Une obligation déclenchée par la géographie, pas par le type de bien
L’état relatif à la présence de termites est prévu par le code de la construction et de l’habitation et intégré au dossier de diagnostic technique annexé à la promesse puis à l’acte de vente. Il ne s’impose que pour la vente d’un immeuble bâti situé dans une zone délimitée par arrêté préfectoral comme contaminée par les termites ou susceptible de l’être à court terme.
Deux conséquences pratiques en découlent. D’une part, l’obligation ne dépend pas de la nature du bien : maison individuelle, appartement, local commercial ou bâtiment agricole y sont soumis dès lors que la commune figure dans le périmètre arrêté. D’autre part, un bien situé hors zone n’a pas à être accompagné de ce document, même si le vendeur le juge rassurant.
Les arrêtés préfectoraux sont pris département par département et listent les communes concernées. La façade atlantique, le Sud-Ouest, la vallée de la Garonne, le pourtour méditerranéen et plusieurs bassins fluviaux sont historiquement les plus couverts, de même que plusieurs territoires ultramarins. Ces arrêtés étant révisés au fil des constats de terrain, la vérification doit se faire au moment de la mise en vente, sur le site de la préfecture ou auprès de la mairie, et non sur la base d’une information ancienne.
À noter également : l’obligation vise la vente. Une mise en location ne requiert pas cet état, ce qui n’exonère pas le bailleur de son obligation générale de délivrer un logement décent et exempt de risques pour la sécurité des occupants.
Ce que le diagnostiqueur examine réellement
Le périmètre d’investigation
L’intervention est confiée à un opérateur certifié pour ce domaine, disposant d’une assurance de responsabilité civile professionnelle et indépendant du propriétaire comme des entreprises susceptibles de réaliser les travaux. La méthodologie s’appuie sur la norme applicable aux diagnostics termites dans le bâtiment.
Le contrôle est visuel et non destructif. L’opérateur examine les bois de structure et d’aménagement accessibles, les plinthes, les huisseries, les caves et vides sanitaires accessibles, ainsi que les abords immédiats du bâtiment lorsqu’ils font partie de la propriété : souches, clôtures en bois, stockages de bois de chauffage. Il procède à des sondages mécaniques sur les éléments accessibles et recherche les indices caractéristiques : cordonnets de terre, galeries-tunnels, bois altérés en profondeur sous une pellicule intacte.
Les parties non visitées
Le rapport doit mentionner explicitement les zones qui n’ont pas pu être inspectées et en indiquer le motif : local encombré, absence de trappe d’accès, doublage non démontable, refus d’accès. Cette rubrique n’est pas une formalité. Une infestation découverte ultérieurement dans une zone régulièrement signalée comme non visitée ne se traite pas de la même manière qu’une infestation située dans une zone déclarée examinée et conclue indemne.
Il est donc de l’intérêt du vendeur de préparer l’intervention : dégager les caves, rendre accessibles les combles et vides sanitaires, signaler les extensions et dépendances. Un rapport truffé de réserves affaiblit la protection qu’il est censé apporter.

Une validité de six mois qui structure le calendrier
L’état relatif à la présence de termites a une durée de validité de six mois. Cette durée, l’une des plus courtes du dossier de diagnostic technique, s’apprécie à la date de l’acte authentique et non à celle du compromis.
Dans une transaction dont le délai entre signature de l’avant-contrat et réitération notariée dépasse ce terme, le document doit être renouvelé. Cette contrainte se rencontre fréquemment sur les ventes conditionnées à l’obtention d’un prêt avec délai d’instruction long, sur les ventes en cascade, ou lorsqu’un droit de préemption urbain retarde l’opération. Commander ce diagnostic trop tôt dans le processus expose donc à devoir le refaire, à la charge du vendeur.
Termites détectés : quelles conséquences
La déclaration en mairie
Dès qu’il a connaissance de la présence de termites dans un immeuble, l’occupant, ou à défaut le propriétaire, doit en faire la déclaration en mairie. Cette obligation est indépendante de toute vente : elle s’impose y compris à un propriétaire qui conserve son bien. Elle alimente la connaissance des foyers d’infestation et conditionne l’actualisation des arrêtés préfectoraux.
Dans les périmètres où une contamination est constatée, le maire dispose du pouvoir d’enjoindre aux propriétaires de procéder à la recherche de termites et de réaliser les travaux préventifs ou d’éradication nécessaires. Une infestation déclarée peut donc, dans un second temps, se traduire par une obligation de travaux.
Vendre un bien infesté
Un état positif n’interdit pas la vente. Le bien peut être cédé en l’état, dès lors que l’acquéreur est informé par le rapport annexé à l’acte. En pratique, la découverte d’une infestation ouvre une phase de négociation : réalisation d’un traitement curatif par le vendeur avant la vente, réfaction du prix, ou séquestre d’une partie du prix chez le notaire jusqu’à exécution des travaux.
Le traitement relève d’entreprises spécialisées et suppose une expertise préalable de l’ampleur du foyer : les techniques diffèrent selon qu’il s’agit d’une barrière chimique périphérique, d’un traitement des bois en place, de pièges à appâts, ou du remplacement d’éléments de structure dont la résistance mécanique est compromise. L’acquéreur avisé demandera la facture détaillée et l’éventuelle garantie associée.
Ne pas confondre état termites et état parasitaire
La confusion est fréquente et source de malentendus. L’état relatif à la présence de termites porte sur les seuls termites et n’est obligatoire qu’en zone délimitée. L’état parasitaire, souvent appelé diagnostic parasitaire, est une prestation contractuelle plus large, non imposée par la loi, qui peut couvrir les insectes à larves xylophages tels que capricornes et vrillettes, ainsi que les champignons lignivores.
Un rapport termites concluant à l’absence de termites ne dit donc rien de la présence éventuelle d’autres agents de dégradation du bois. Sur un bien ancien à ossature bois, en zone humide ou après un dégât des eaux prolongé, l’extension volontaire du contrôle à un état parasitaire complet constitue une précaution utile, à formaliser dans la commande faite au diagnostiqueur.

Copropriété, démolition et construction neuve
En copropriété, l’état commandé par le vendeur porte sur son lot privatif et ses annexes. Les parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires : lorsqu’une suspicion existe, il appartient au syndic de faire intervenir un opérateur sur les caves, combles et structures communes. Un rapport privatif indemne dans un immeuble dont les caves sont infestées n’apporte qu’une garantie partielle, ce que l’acquéreur doit pouvoir apprécier.
En cas de démolition d’un bâtiment situé dans une zone délimitée, les bois et matériaux contaminés doivent être traités avant tout transport ou incinérés sur place, afin d’éviter la dissémination du foyer vers d’autres sites. Cette contrainte s’articule avec les obligations de traçabilité des déchets de chantier et doit être intégrée au plan de gestion dès la phase de préparation.
Enfin, pour les constructions neuves édifiées dans les zones concernées, la réglementation impose un dispositif de protection contre les termites entre le sol et le bâtiment, ainsi que la remise au maître d’ouvrage d’une notice précisant les caractéristiques et l’entretien de ce dispositif. Ce document mérite d’être conservé : il sera demandé lors d’une revente ultérieure.
Responsabilités en cas de défaut
L’absence d’un état termites exigible prive le vendeur du bénéfice de la clause d’exonération de la garantie des vices cachés pour ce défaut. Autrement dit, si des termites sont découverts après la vente, l’acquéreur peut agir sur le fondement des vices cachés sans que la clause de style figurant à l’acte y fasse obstacle. Selon les circonstances, l’action peut tendre à une réduction du prix ou à la résolution de la vente.
Le diagnostiqueur, de son côté, engage sa responsabilité en cas de rapport erroné : sondages insuffisants, indices manifestes non relevés, zones déclarées visitées alors qu’elles ne l’étaient pas. Son assurance de responsabilité civile professionnelle a vocation à couvrir le préjudice subi par l’acquéreur. La vérification de la certification et de l’attestation d’assurance en cours de validité, avant l’intervention, reste une précaution élémentaire pour le vendeur comme pour le professionnel qui l’accompagne.
Questions fréquentes
Le diagnostic termites est-il obligatoire pour une location ?
Non. L’état relatif à la présence de termites fait partie du dossier de diagnostic technique exigible lors d’une vente d’immeuble bâti en zone délimitée par arrêté préfectoral. Il n’est pas listé parmi les documents à annexer à un bail d’habitation. Le bailleur reste toutefois tenu de délivrer un logement décent et de ne pas dissimuler une infestation dont il a connaissance.
Comment savoir si ma commune est en zone termites ?
La liste des communes concernées figure dans l’arrêté préfectoral du département, consultable sur le site des services de l’État ou auprès de la mairie. Ces arrêtés étant révisés périodiquement, il convient de vérifier la version en vigueur au moment de la mise en vente plutôt que de se fier à une information collectée lors d’une transaction antérieure.
Que se passe-t-il si le rapport est périmé au jour de la signature ?
La validité étant de six mois et s’appréciant à la date de l’acte authentique, un rapport expiré doit être renouvelé avant la signature. À défaut, le vendeur se retrouve dans la situation d’une absence de diagnostic et perd le bénéfice de la clause d’exonération de la garantie des vices cachés pour ce point.
Le vendeur est-il obligé de faire traiter le bien avant la vente ?
La détection de termites n’emporte pas, par elle-même, obligation de travaux préalables à la vente : le bien peut être cédé en l’état dès lors que l’acquéreur est informé. En revanche, la déclaration en mairie est obligatoire, et le maire peut ensuite enjoindre au propriétaire, dans les périmètres contaminés, de procéder aux recherches et travaux d’éradication nécessaires.